Nicolas a grandi entre les dessins de Snoopy et les Peanuts, de Charles Schulz, ceux du Petit Nicolas, de Jean-Jacques Sempé, et la peinture de Paul Colin, dont sa mère fut l’élève à la fin des années 1960. C’est pour “jouer à Degas” que Nicolas choisit le pastel. En parallèle de son apprentissage du modèle vivant, il se mit à copier un dessin chaque jour pendant plusieurs années. Objectifs : apprendre à regarder, apprendre à composer, apprendre à dessiner. La force du pastel réside, a priori, dans la couleur. Dans les dessins de Nicolas, elle se trouve donc ailleurs. En ne travaillant quasiment que le noir, il détourne
le médium de sa puissance première, réduit sa palette au maximum et, paradoxalement, en supprimant la couleur apporte au pastel force et modernité. Ultime paradoxe : en s’approchant de la photographie, les dessins de Nicolas restent très éloignés de toute forme d’hyperréalisme. Le figuratif, c’est de la forme. La forme, c’est de l’abstrait. Oubliez le noir du dessin, regardez les blancs qui se forment. Et si, finalement, ces visages, ces corps, n’étaient pas si éloignés de l’abstraction ?
Parallèlement à son travail au pastel, Nicolas développe depuis 2018 une technique de dessin au marqueur sur le journal Le Monde. Cette série, qui se veut drôle et originale, détourne la pop culture et réactive les souvenirs de chacun. Les dessins se confrontent à l’actualité et viennent répondre à la titraille du journal pour nous montrer qu’il ne faut pas grand-chose pour voir le monde de manière un peu différente.
Nicolas est né en 1970. Il a travaillé pendant cinq ans au sein de l’Atelier éphémère, la friche artistique de Bois-Colombes, de son ouverture, en 2018, à sa fermeture, à l’été 2023.